Il était déjà près de midi, elle sortit de cette pièce sombre, à la lumière froide de la cage d'escalier elle découvrit ses mains pleines d'écorchures ensanglantées. Elle essuya ce qu'elle pouvait avec des mouchoirs en attendant de pouvoir rentrer chez elle pour nettoyer ses blessures. Elle enleva sa tenue de travail pour mettre son pantalon d'intérieur et le sweat qu'Aidan avait oublier début Janvier. Elle l'appela. Il décrocha à la seconde sonnerie. Sans donner de détails elle lui annonça les deux propositions qu'on lui avait faites. Il lui en fit une troisième. Venir avec lui en Angleterre dés qu'il aurait finit le tournage. Plus rien ne la retenait en France sans son travail. Il ne voulait pas construire leur histoire d'amour à distance. Il voulait vivre une vraie vie de couple avec elle et non pas courir après des heures volés entre deux trains. Les tournages s'en chargeront très bien sans en rajouter de leur propre chef. Ils en restèrent là pour ce soir car il se levait dans trois heures.

Cette autre solution lui avait traversé l'esprit mais que ferait-elle là bas sans travail. Vivre au dépend de quelqu'un n'était pas dans sa nature, d'ailleurs elle ne touchait pas à l'argent laissé par Joelle et le loyer de la maison de Lille. Elle faisait sa vie avec le salaire qu'elle avait gagné, qu'elle méritait.

Elle pesa le pour et le contre des trois chemins qu'elle avait devant elle. Autant choisir le moins désagréable mais il comportait beaucoup de risques.

Le lendemain elle retourna sur son lieu de travail, elle annonça sa décision à son chef de service. Il ne s'attendait pas à cela. Au lieu de garder son emploi, elle voulait qu'on la débarque, quitte à ne pas toucher d'indemnité puisque le motif serait pour faute grave. Sa rétrogradation à un poste de tri de courrier dans un centre en pleine campagne de la Creuse, n'était pour elle qu'une mauvaise plaisanterie de leur part, une mise au placard. Et démissionner n'était pas dans son caractère, pas au travail en tout cas.

Hélène ne reprit pas son poste, attendant les courriers concernant son licenciement. Elle était sereine face à sa décision mais son avenir lui faisait peur. Aidan insistait pour connaître sa décision, mais elle ne voulait pas la lui dire, tant qu'elle gardait ça pour elle ce n'était pas réel. Il devait rentrer chez lui dans deux semaines. Après sa longue absence il avait besoin de retrouver ses marques, sa ville, un quotidien plus calme. La vie sur le tournage était grisante, si intense et pleines d'émotions. C'était une expérience unique dans une vie et lors des dernières scènes de chacun les larmes coulaient à flot, les embrassades et applaudissement multiples. Avec sa nouvelle notoriété, les propositions de films et séries arrivaient par dizaines. Son agent avait écarté certains projets mais Aidan devait lire les scripts restant et faire son choix. Ça l'amusait de voir que maintenant c'était les productions qui venaient le chercher alors qu'au début de sa carrière il courait après les auditions. Il était fier du chemin qu'il avait réussit à parcourir. L'art du spectacle était sans pitié, il en voyait désormais une autre facette : la sur-exposition médiatique. Durant les promotions ou dans les coulisses de tournage ça ne le déranger pas, le seuil étant sa vie privée surtout quand il était accompagné.

Ces derniers temps il percevait une étrange sensation quand il raccrochait d'avec Hélène, tout comme en fin juin. Elle lui cachait quelque chose d'important, il en était certain, d'autant plus qu'elle le ne lui parlait plus du problème à son travail. Elle avait esquivé la question les jours suivant sa proposition, sans réponse claire de sa part il commençait à penser qu'elle ne tenait pas assez à lui pour partager sa vie. C'était peut être juste un peu trop tôt.

Il avait quitté Wellington avec Luke et Richard, prenant les même vols. Au débarquement du dernier avion chacun reprit son chemin se promettant de se revoir rapidement. Une date avait était fixer avec Luke pour une soirée poker avec d'autres amis, le WE prochain.