A l'hôpital il n'y avait pas possibilité de prendre de douche, notamment à cause des perfusions. Elle appliqua le patch transparent pour protéger les cicatrices de tout contact extérieur. Le bungalow disposait d'une salle de bain avec une très grande douche, le rêve,. Elle qui se battait dans son bac de 90x90 à Paris, aller pouvoir bouger sous l'eau sans avoir la désagréable sensation du rideau humide se collant à elle. Munie de ses affaires de toilette, elle mit à couler l'eau pendant qu'elle se déshabillait. Son téléphone au niveau sonore maximum, émettait ses chansons préférés, qui la fit chanter à tue tête. Dans sa bulle, elle ne pensait plus à rien que le plaisir de sentir l'eau chaude qui coulait sur elle pour faire tomber la mousse du gel douche. Après sa semaine d'hospitalisation, elle se sentait enfin propre. Elle était encore sous l'eau quand sa chanson du moment passa. « No you girl » du groupe Franz Ferdinand, qu'elle avait découvert dés leur premier album et dont elle suivait la carrière. Aidan qui venait de rentrer, l'entendit chanter, massacrer, les paroles de la chanson qu'il connaissait par coeur. La salle de bain était remplie de vapeur, il distinguait à peine la silhouette d'Hélène à travers le rideau opaque de la douche. Elle était en train de danser comme une folle, prenant le pommeau comme micro. Aidan ouvrit un morceau du rideau et y passa la tête. Sous la surprise Hélène lui retourna un jet d'eau tout émettant un cri. Il avait le visage, les cheveux et une partie de son tee shirt de trempé. Alors tant qu'à être mouillé, autant la rejoindre, ce qu'il fit sans retiré ses vêtements.
Ne pouvant lui échapper elle se mit dans un coin de la cabine lui tournant le dos, elle ne voulait pas qu'il la voit nu. Elle lui demanda de sortir mais il n'en fit rien. Aidan ramassa la paume de douche qui se trouvait à terre et finit de lui rincer ses long cheveux qui sous l'effet de la pression était lisse et compacts. A son tour il enleva ses vêtements qu'il lassa choir dans le coin opposé . Elle jeta un œil à ce qu'il faisait et lui dit de se retourner. Elle se mit à passer l'éponge de bain savonneuse sur sa peau halée. Pendant qu'elle faisait de la mousse sur l'ensemble de son corps athlétique, il reprit les paroles de la chanson qui emplissait l'air. Elle le rinça puis ce plaça devant lui. La chanson se termina. Ils se regardèrent enfin et elle dit la première phrase du refrain « Kiss me ». Il s'exécuta.

Il avait pensé à elle toute la journée, n'attendant que le moment de leurs retrouvailles. Ils s'embrassèrent longuement en ce caressant le visage et le cou. Quand la chaleur de la salle de bain laissa place au frisson, ils s'enveloppèrent de serviettes et regagnèrent le lit où la découverte de leur corps continua. Aidan déposait ses lèvres du visage d'Hélène en descendant vers son cou, sa poitrine, son ventre. Le contact avec la plastique du pansement le stoppa. Il repensa aux circonstances qui eurent pour conséquence la mutilation de ce corps. Hélène ne lui avait pas vraiment raconté ce qu'il lui était arrivé durant la semaine où il l'avait laissée seule en ville.

Il s'assit sur le bord du lit alors que la jeune femme lui disait de continuer. Il se sentait tellement coupable d'avoir succombé à ses anciens travers alors que la femme qu'il aimait l'attendait. Il s'était persuadé d'être le déclencheur de l'incident qui avait touché Hélène. Il savait qu'en lui disant la vérité il la ferait souffrir mais c'était mieux de l'apprendre par lui que par autrui. Hélène le rejoignit en traversant le lit à genoux, s'installant dans son dos, elle remarqua des ecchymoses sur son flanc droit et son épaule gauche. Son rôle était physique et les blessures courantes. Elle entoura son cou de ses bras et enfoui sa tête dans la nuque d'Aidan. Il lui annonça sans détour qu'il l'avait trompée. Elle crut ne pas bien comprendre. Attendant la suite sans bouger, il ajouta que c'était avant qu'il ne se rendant compte de l'importance de ses sentiments envers elle, que cette femme ne comptait pas pour lui, qu'il regrettait d'avoir succombé à la facilité. Son niveau de la langue n'était pas encore bon mais elle comprit sa faute. Elle décroisa les bras, s'éloigna de sa peau si douce, prit ses vêtements et alla s'enfermer dans le bureau, reprenant au passage le téléphone qui jouait toujours de la musique.

Au fond d'elle elle le savait, comme un mauvais pré-sentiment, c'était pour cela qu'elle était partie de l'hôtel, tout comme lui l'avait fait venir ici. Un étrange lien les unissait. Avait-il deviné pour l'avortement, comme elle son incartade?

Suite à sa période d'inconscience, elle se souvenait l'avoir entendu parler et s'en était rappelé les jours suivant. Pourquoi s'excuser-t-il autant? Ce n'était pas sa faute si elle avait fait une hémorragie en même temps qu'une péritonite. Ce n'était la faute de personne. Il n'y avait donc que deux possibilités, il s'excusait de l'avoir laissée seule ou il était retombé dans ces mauvais travers : les femmes.

Aidan s'écroula dans le lit, le manque de réaction de la part d'Hélène laissait présager le pire. Il redoutait l'explosion qui pouvait en résulter mais malgré toutes les pensées qui tournaient dans sa tête il s'endormit.