Installés à l'arrière du véhicule, il enleva son écharpe mais pas le reste de son camouflage, c'est ainsi qu'elle ne découvrit pas les longues mèches noires dans sa nuque, elle retira alors le bonnet de son ami. Quand elle découvrit son crane sans les boucles noir de jais, sa main s'écrasa sur son visage. Le bruit de la claque raisonna dans tout l'habitacle, le chauffeur jeta un œil rapide au rétroviseur pour voir ce qu'il se passait.

La colère et la déception se lurent sur le visage d'Hélène. Elle se tourna à l'opposé de lui, sa respiration saccadé, encore sous le choc.

Le chemin vers leur lieu de résidence se fit dans un silence de plomb.

Il avait pris deux chambres contiguës avec porte communicante dans un hôtel du centre ville de Wellington. Il la laissa s'installer mais trop épuisée par le voyage et les émotions intenses de cette dernière heure, lorsqu'elle s'allongea sur le grand lit double pour tester son confort, elle s'y endormit en quelques secondes.

Dix minutes après l'avoir quittée à la porte de sa chambre, Aidan frappa doucement à la porte contiguë pour connaître ce qu'elle voulait faire de sa journée mais il voulait surtout s'expliquer sur son changement capillaire. Sans réponse il ouvrit la porte quitte à entendre des insultes en français. Il la trouva sur le lit recroquevillée, fragile et sans défense. Il s'installa en face d'elle. Il avait l'impression de la découvrir pour la première fois, la seconde fois en vérité. Il n'avait jamais imaginé qu'une femme au physique si banal aurait pu changer autant sa vie en si peu de temps et à distance.

De son admiration envers son travail d'acteur, tout en respectant l'homme, le premier contact qu'ils avaient eu ce jour de début décembre l'avait touché au plus profond de lui. Elle savait être à l'écoute, voyait plus loin que les apparences. Ses attributs physique lui avaient permis de trouver facilement de bons rôles, mis en avant à la télé et au cinéma. C'était lui qui se faisait servir, aider, conseiller... mais ce soir là, c'est lui qui avait le rôle de protecteur. Ses collègues l'avaient pousser à accepté ce rendez-vous même si la fille n'était pas aussi joli que les femmes avec qui il sortait habituellement, ça leur ferait voir autre chose que leurs hôtels, les salles de conférences et les trajets en limousine.

C'est au supermarché qu'il avait senti les premiers signes. Faire les courses avec une femme c'était tellement loin de son quotidien.Depuis cinq maintenant que ce soit en Irlande ou dans tout le Royaume Uni, il ne pouvait plus les faire lui-même sans être dérangé pour des autographes ou des poses photos. Même prendre le métro londonien était une plaie, devant faire semblant de dormir ou d'être occupé avec son téléphone pour avoir un moment de répit. Alors les courses c'était en livraison et toujours sous son second prénom, James.

Il se sentait utile avec elle, non pas qu'elle eut besoin d'assistance, elle avait l'air tellement indépendante, forte, sûre d'elle. Elle l'avait invité ce n'était pas rien, sans parler de la barrière de la langue. Pour Hélène, il avait relevé un défi, cassé les codes établis, mêlé la fiction à la réalité. Son audace avait payé.

Aidan avait senti sa détresse dés leur première rencontre, et tant d'autres fois qu'il savait maintenant reconnaître les signes, sauf tout à l'heure dans le taxi. Pourtant il aurait du se douter de sa réaction, leurs cheveux c'était leur premier point commun, ce qui l'avait rendu unique.