Mots de nuit et jour

01 août 2015

Départ (6)

La bouilloire siffla, elle se leva et revient verser l'eau chaude dans les bols qui contenaient les sachets de thé. Pendant que les feuilles infusaient, elle passa à la salle de bain, elle se fit presque peur en voyant la tête qu'elle avait et encore plus en se rendant compte qu'Aidan l'avait vue ainsi. Ils étaient vraiment trop longs et devenaient indomptables et le temps humide de l’île n'arrangeait rien. Elle eu soudain envie de les couper mais savait que ça serait une belle erreur, elle se souvenait de son enfance avec les cheveux très courts, c'était horrible. Les séances chez le coiffeur tous les deux mois une vraie torture, pas tant les coups de ciseaux mais les babillages des autres clientes et des artisans. Cela faisait plus de cinq ans qu'elle n'y avait pas mis les pieds, et les dernières fois c'était pour des soins suite à un défrisage qui lui avait fortement abîmé la nature des cheveux. Elle les attacha, referma quelques boutons et revins pour enfin se restaurer. Il avait retiré les sachets des bols, et avait commencer à manger sans elle. Depuis son séjour en France, il ne jurait que par les tartines grillées avec de la confiture et les viennoiseries quand il en trouvait, exit les omelettes au bacon et haricots beans. En se penchant pour prendre son bol, le pendentif sortit de la chemise, il lui demanda si elle l'avait déjà enlevé, elle but et croqua dans le toast à la confiture de fraise. Elle fit non de la tête, tout en mâchant. Il resta pensif tout en finissant son thé. Quand le plateau fut vide, il le rapporta en cuisine où il s'accouda au frigo. De là bas il demanda de l'enlever, mais au lieu de ça elle serra fort la couronne dans sa main, elle ne pouvait pas la quitter. Il revint vers elle, leurs visages s'effleurant, il passa ses mains à la base de sa nuque et décrocha le fermoir. Elle se sentait nue sans ces quelques grammes de métal. Il fit tomber le peignoir ainsi que la masse de boucle rousse, il la serra contre lui par la taille et lui dit qu'il la voulait sans accessoire avec un air très sérieux. Il commença à ouvrit plus grand le décolleté d'Hélène, qui l’arrêta. Elle se recula et finit d’ouvrir la chemise devant lui laissant apparaître une large bande de peau blanche, grimpa ensuite les escaliers et l'attendit en gloussant en haut de la mezzanine. Dans la fièvre qui animait leur corps, ils ne savaient plus se distinguer l'un de l'autre, ne faisant qu'une personne. Hélène ne s'était jamais sentie en telle osmose avec un homme qu'à cet instant. Tout était parfait. Et pour parfaire ce moment, il lui remit le collier en lui disant qu'il la faisait sa reine.

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20 juillet 2015

Départ (5)

Ils passèrent leur dimanche au lit à s'embrasser et à discuter. Hélène lui raconta dans son franglais, les détails de son renvoi et ce que cela engendrait. Aidan lui ne voyait que le fait qu'elle soit venue le rejoindre et que cette fois il n'y avait pas de date de séparation prévue. Du haut de la mezzanine, elle aimait regarder son homme s'activer dans le loft. Comme elle il avait vécu seul durant des années, il avait ses habitudes, ses activités. Dés le lundi il reprit son rythme. Levé aux aurores, il partit courir dans le quartier pendant près d'une heure tandis qu'Hélène dormait encore. Avec la capuche qui lui couvrait la tête il pouvait profiter des quartiers alentours aux façades blanches et parquets de fleurs. Il passait par ces rues tous les jours croisant les gens qui partaient au travail, il fut salué d'un bonjour par plusieurs personnes qui couraient également. En septembre ils étaient peu nombreux mais à partir de fin février ils étaient aux moins le triple à se croiser dans les rues dés 5h du matin et tard le soir. Certains étaient venus lui parler, le félicitant pour son travail mais il retournait la situation en leur posant des questions, c'est ainsi qu'il apprit qu'un groupe s'était inscrit à des marathons, notamment celui de Londres à la mi avril, d'où leur entraînement quotidien. Ça lui aurait plu d'y participer mais il ne pouvait jamais planifier les choses à l'avance. De retour chez lui il continua par des séries de divers exercices notamment pour les abdominaux et les bras. Grâce au camp d’entraînement il avait appris à faire les bons gestes et la manipulation de l'épée lui plaisait toujours autant, pas comme son personnage qui était expert en tir à l'arc. Il avait ramené avec lui les accessoires en bois qu'il utilisait lors des répétitions et échauffements. Il se déplaçait sur l'estrade en faisant tournoyer le bout de bois autour de lui en roulant les poignets, coudes et épaules.

Hélène s'était assise dans les escaliers et le regardait faire. Elle se rendit compte de la chance qu'elle avait. L'homme de ses rêves était en chaussettes et pantalon de sport en train de livrer bataille contre des êtres imaginaires et elle se trouvait juste à quelques mètres, chez lui, une de ses chemises sur le dos et emmitouflée dans son grand peignoir imprégné de son odeur.

Hélène était partie à Londres avec peu de vêtements car de toute façon elle devrait retourner à Paris régulièrement, ne serait-ce que pour son courrier et son suivi médical. Elle ne savait que trop bien que se faire soigner à l'étranger n'était pas facile et le remboursement des frais était long d'ailleurs son séjour à l'hôpital était encore en cours de traitement par ses anciens collègues. Alors elle n'était pas presser de découvrir le système anglais. A trop pensée à comment elle allait le retrouver sans son adresse tout en gardant l'effet de surprise, elle en oublia de remplir correctement son sac. C'est en voulant se changer pour dormir qu'elle s'en aperçu. Pour le plus grand plaisir d'Aidan, elle resta en sous vêtements cette première nuit. Il lui donna son peignoir et une ancienne chemise pour les jours suivants. Malgré l'épaisseur elle frissonna et elle ne tenait plus, il fallait qu'elle aille aux toilettes. Elle descendit aussi silencieusement possible les marches mais en bas elle se cogna les orteils contre les bottes noires qui traînaient au pied de l'escalier. Elle lança un « Fais chier bordel !!! » qui tira Aidan de sa concentration. En la voyant se tenir le pied en sautillant sur place, il se demanda ce qu'il se passait, il saut de la scène et à son approche elle lui lança les objets incriminés. « Tes chaussures, merde ». Cette fois il les rattrapa au vol. Il avait remarquer sa manie de jeter les vêtements et chaussures ainsi que les jurons qui annoncaient sa mauvaise humeur. Il alla ranger sa paire de bottes près de la porte d'entrée en les alignant bien contre le mur en dessous des porte manteaux, pendant que madame s'était enfermée dans les toilettes. Il était déjà 8h, deux heures qu'il était levé, il avait faim mais surtout était trempé de sueur. Il pris une douche rapide et de retour en cuisine, il y trouva Hélène, le nez dans un placard, elle sursauta quand il lui chatouilla les reins et se claqua la tête contre le rebord du plan de travail. Ceci n'arrangea pas son humeur. Aidan lui fit des baisers magiques à la Valentine. Hélène se pressa contre sa peau encore humide. Il lui susurra de le laisser faire, il la fit s'asseoir au salon et il prépara le petit déjeuner. Assise en tailleur, elle attendait sagement, laissant s'atténuer son énervement en zappant les chaînes de télé. Elle arrêta son choix sur une émission qui passait le top 50 anglais, le reste étant des talk show, télé shopping ou dessins animés. Il déposa le plateau sur la table basse, passa derrière Hélène et embrassa sa chevelure en lui disant le bonjour, elle releva la tête en arrière et il lui vola un baisé, enfin un sourire apparut sur son joli visage. Il sauta par dessus le canapé pour s'installer à la place voisine. Elle retourna à l'écran, découvrant les nouveautés du moment. Pour la sortir de son hypnose il laissa courir ses doigts le long de sa nuque, sa gorge, il passa la main sous le peignoir en longeant la chaîne qu'il lui avait offert en début d'année. Quand il se mit à déboutonner la chemise, elle ferma les yeux. Il écarta doucement le peignoir et la chemise de ces épaules, qu'il se mit à embrasser par petites touches. Il dénoua le peignoir et finit d'ouvrir la chemise à carreaux. La cicatrice sur son ventre était encore bien visible, ça lui rappelait tant de mauvais souvenirs. Il en rêvait encore parfois de tout ce sang sur le carrelage, de son teint sans vie, des disputes... Comme il s'arrêtait, elle rouvrit les yeux, lui prit la main et l'apposa sur son ventre, en lui souriant, elle lui affirma que tout allait bien maintenant, qu'elle pouvait reprendre sa vie normalement.

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10 juillet 2015

Départ (4)

Quand il ouvrit la porte métallique noire, il respira profondément et du seuil il jeta un coup d'œil circulaire à l'intérieur. Comme à chaque retour après plus de quinze jours d'absence c'était comme s'il redécouvrait l'endroit. Ce qui le frappait à chaque fois c'était la hauteur des murs et des fenêtres aux carreaux sales, ensuite le bazar ambiant. Des piles de livres, scripts, magazines et publicités se trouvaient prés de l'estrade et des canapés. Des vêtements traînaient partout. Seule la cuisine était impeccablement rangée, c'était sa manie, voir même son TOC car où qu'il aille il ne supportait pas de voir une cuisine en désordre et sale, par contre dans les autres pièces il s'en fichait. Il monta les valises dans sa chambre pour les vider. Il espérait que les machines à laver du sous sol étaient libres et en état de marche car il avait quasiment toute sa garde robe à laver, entre ce qu'il avait emporté en voyage et ce qui avait pris la poussière éparpillé dans l'appartement. Mais avant il voulait vérifier ses mails, il attendait toujours la réaction d'Hélène aux photos qu'ils échangeaient sur la galerie privée. Elle regroupait maintenant prés de dix mois de leurs vies. Il n'y avait rien de nouveau, il y ajouta la photo des valises disposées au pied de son lit avec en légende « London ».

Entre la remise en état de l'appartement, le grand ménage, les courses et les rendez-vous professionnels, il avait presque oublié la soirée poker. C'est grâce à la confirmation par SMS de Luke qu'il s'en souvient. Il se fit livrer des packs de bière et plein de choses à grignoter. Il sortit du fond de la malle à accessoires une vieille boite en métal où il rangeait la petite monnaie qu'il utilisait pour ce genre de soirée. Ils ne jouaient pas avec des jetons mais avec des pièces de un penny.

Les gars arrivèrent à l'heure et impatients de mettre la pâtée à leur hôte, qui n'était pas le meilleur joueur de cartes. En pleine première partie le téléphone d'Aidan sonna, tandis que les autres râlaient qu'il ne l'ait pas éteint, il ouvrit le message d'Hélène, c'était une photo du célèbre écran sur Piccadilly circus et en corps de message « Hello UK! ». Il retourna son jeu et sortit en disant qu'il revenait dans moins d'une heure, laissant ses invités sans autre explication. Il courut jusqu'à la station de taxi la plus proche, par chance il n'y avait personne mais il dût attendre quelques longues minutes avant qu'une Black Cab n'arrive. A partir du jeudi soir le centre ville grouillait de fêtards avec les centaines de clubs, bars et boites de nuit que comptait la ville et que l'on soit en métro ou en voiture il était pénible d'y circuler. Aidan paya la course avant le lieu de destination, de toute façon cela faisait cinq minutes que le taxi était coincé dans les bouchons. Il continua à pied, ne s'arrêtant pas aux remarques des piétons qui le reconnaissaient. Arrivé là où la photo avait sûrement été prise, il se mit à scruter la foule à la recherche de la silhouette si singulière d'Hélène. Adosser à un mur entre deux vitrines, elle l'avait vu remonter l'avenue et tourner sur lui -même en la cherchant du regard. A sa façon elle se vengeait un peu de l'attente à l'aéroport de Wellington cet été, maintenant il avait un aperçu de la panique de ne pas trouver sa moitié. Lorsqu'il y eu un creux dans la foule, elle le rejoignit, laissant son sac par terre et alla lui taper sur l'épaule. Il sursauta mais il l'enlaça tout de suite et malgré le monde qui les entourait il l'embrassa. Il n'en croyait pas ses yeux, il était si heureux de la voir, de la serrer contre lui. Ils récupérèrent le bagage et rentrèrent.

Au loft les garçons s'était installés sur l'estrade à parodier l'émission de chanson qui passer à la télévision. Hélène reconnut la porte et le numéro qu'elle avait tant de fois vu sur la galerie. A peine la porte s'ouvrit que les garçons se mirent à engueuler Aidan pour s'être sauver comme un voleur les laissant en plan sans finir la partie mais ils se turent quand ils virent la jeune femme. A sa vue Luke poussa un cri de joie et traversa la pièce pour l'embrasser, il était content de la revoir mais surpris que son ami n'ait rien dit sur sa présence ici. Elle fut présentée aux deux autres hommes. Ils s'installèrent dans les canapés et discutèrent jusque tard dans la soirée, les bouteilles s'accumulant sur le parquet fraîchement nettoyé. Hélène fut assaillie de questions de la part d'Aidan, mais en présence d'autant de monde, elle dit juste que c'était pour lui faire la surprise mais qu'elle n'aurait pas du car elle se sentait gêner d'avoir gâcher leur soirée. Luke dit qu'au contraire elle avait bien fait, ça évitait une nouvelle humiliation d'Aidan. Elle ne comprit pas à quoi il faisait allusion. Aidan expliqua qu'il était nul aux cartes et que les autres en profitaient pour se moquer de lui et le dépouiller. Hélène le consola au vu de sa petite mine déprimée et sa voix plaintive. Les autres étaient morts de rire par l'attitude d'Aidan, il savait vraiment bien faire le gars tout malheureux. Hélène jouant le jeu de la maman qui console son petit, avec un clin d’œil à ses camarades il posa sa tête sur la poitrine d' Hélène, ce qui déclencha une nouvelle vague d'éclat de rire. Après quelques caresses et « Pauvre petit », elle se redressa et demanda à quel jeu de carte ils jouaient. La réponse fut donner en cœur : Poker !

Elle savait y jouer. Tous furent surpris et lui proposèrent alors de reprendre leur partie. Aidan resta debout à tourner autour de la table en silence et observait les parties s’enchaîner. Au bout d'une douzaine ils arrêtèrent car Hélène gagnait à chaque fois. Ils étaient écœurés de ce revirement de situation mais Aidan lui était épaté, il se demanda ce qu'elle pouvait encore bien cacher comme talent.

Après avoir raccompagner ses invités, Aidan rangea la boite en métal remplie de petites pièces. Il était 5h du matin quand ils allèrent se coucher. Ils s'endormirent instantanément face à face se tenant par la main.

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01 juillet 2015

Départ (3)

Aidan se dépêcha de rentrer dans son immeuble, qu'il avait partagé avec différents colocataires depuis son départ pour la capitale.

Au lycée il faisait partie du club de théâtre, au départ pour suivre son unique copain qui s'y était inscrit. Ce fut une vraie révélation. Sur les planches, les lumières sur lui, il était une autre personne, chaque parcelle de son être vibrait, son corps frêle remplissait l'espace et son visage vivait. Son professeur remarqua son talent inné et après le succès des deux pièces où il tenait le rôle principal, on le poussa à prendre des cours d'art dramatique dans une grande école. Son diplôme en poche, il partit à Londres où son dossier fut accepté tout de suite après un entretien d'entrée. Il avait vécu le premier mois chez un ami de la famille mais des élèves de sa classe qui partageaient un loft lui proposèrent de remplacer le quatrième membre qui avait abandonner les cours et l'habitation. Pour un loyer dérisoire il emménagea dans un grand loft où chacun avait une petite chambre. Lors de sa deuxième année, il trouva un job de serveur et plusieurs cachets pour des publicités lui permirent d'acheter le loft du dessus, avec une aide de ses parents. Il était en vente depuis un moment car beaucoup de travaux à faire. L'espace était unique, seuls quatre piliers remplissaient la pièce encombrée de gravas divers.

Son père vint lui donner une sacrée aide pour la remise en l'état de la plomberie et de l'électricité. Pour le reste il se débrouilla seul. Durant de longs mois ses seuls meubles étaient son lit et un bureau. Les valises restaient ouvertes par terre à longueur de temps. Il prenait ses douches soit à l'école soit à la salle de sport du quartier voisin où il passait au moins une heure par jour à s’entraîner. Le cour de danse avait été un vrai supplice durant les premiers mois d'apprentissage. La souplesse il l'avait mais pas la force, c'était flagrant notamment sur les portés où les chutes de sa partenaire était récurrentes. Son talent s'affiner, il fallait que le reste aussi. Son corps et son look. La coupe de cheveux d'élèves modèle se transforma en une masse informe. Plus il étaient longs plus ils se mirent à bouclés et à mettre en valeur ses traits fin. Il remarqua que ces deux nouveaux changements lui valurent de plus en plus d'invitations à sortir par les filles et il décrochait enfin des rôles même insignifiants. Sa timidité en dehors du jeu s'estompa doucement au fil du temps, au même titre que l'indifférence de la gente féminine. C'est à cette époque qu'il eut le plus de relations sans lendemain. Il rattrapait les années d'adolescence où les quelques petites amies qu'il avait eues le quittaient car pas assez vif ni à la mode. Au bout de ces quatre années de formation, il construisit sur un tiers du loft une scène sur toute la largueur de la pièce. N'ayant plus accès au théâtre de son ancienne école, il avait créé son espace de travail chez lui.

Il enregistrait les répétitions de ses auditions ou extraits de pièce de théâtre qu'il travaillait avec une caméra que ses parents lui avaient offert pour Noël. Ils étaient fiers de leur fils même si la vie d'intermittent du spectacle ne leur plaisait pas car trop instable.

Tout comme Hélène il se sentait chez lui dans ce loft qu'il avait modelé à son image. A chaque grosse rentrée d'argent il y faisait des aménagements. La première chose fut la salle de bain puis la cuisine. La construction de la scène réduit considérablement son espace nuit. Le cachet suivant fut pour la mezzanine située au dessus de la salle de bain et de la cuisine, la hauteur des plafonds permettant la création de cet étage annexe.

Chargé de trois valises, il monta au premier étage de la battisse, passant devant son ancien lieu de colocation qui était à présent occupé par de jeunes informaticiens.

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20 juin 2015

Départ (2)

Il était déjà près de midi, elle sortit de cette pièce sombre, à la lumière froide de la cage d'escalier elle découvrit ses mains pleines d'écorchures ensanglantées. Elle essuya ce qu'elle pouvait avec des mouchoirs en attendant de pouvoir rentrer chez elle pour nettoyer ses blessures. Elle enleva sa tenue de travail pour mettre son pantalon d'intérieur et le sweat qu'Aidan avait oublier début Janvier. Elle l'appela. Il décrocha à la seconde sonnerie. Sans donner de détails elle lui annonça les deux propositions qu'on lui avait faites. Il lui en fit une troisième. Venir avec lui en Angleterre dés qu'il aurait finit le tournage. Plus rien ne la retenait en France sans son travail. Il ne voulait pas construire leur histoire d'amour à distance. Il voulait vivre une vraie vie de couple avec elle et non pas courir après des heures volés entre deux trains. Les tournages s'en chargeront très bien sans en rajouter de leur propre chef. Ils en restèrent là pour ce soir car il se levait dans trois heures.

Cette autre solution lui avait traversé l'esprit mais que ferait-elle là bas sans travail. Vivre au dépend de quelqu'un n'était pas dans sa nature, d'ailleurs elle ne touchait pas à l'argent laissé par Joelle et le loyer de la maison de Lille. Elle faisait sa vie avec le salaire qu'elle avait gagné, qu'elle méritait.

Elle pesa le pour et le contre des trois chemins qu'elle avait devant elle. Autant choisir le moins désagréable mais il comportait beaucoup de risques.

Le lendemain elle retourna sur son lieu de travail, elle annonça sa décision à son chef de service. Il ne s'attendait pas à cela. Au lieu de garder son emploi, elle voulait qu'on la débarque, quitte à ne pas toucher d'indemnité puisque le motif serait pour faute grave. Sa rétrogradation à un poste de tri de courrier dans un centre en pleine campagne de la Creuse, n'était pour elle qu'une mauvaise plaisanterie de leur part, une mise au placard. Et démissionner n'était pas dans son caractère, pas au travail en tout cas.

Hélène ne reprit pas son poste, attendant les courriers concernant son licenciement. Elle était sereine face à sa décision mais son avenir lui faisait peur. Aidan insistait pour connaître sa décision, mais elle ne voulait pas la lui dire, tant qu'elle gardait ça pour elle ce n'était pas réel. Il devait rentrer chez lui dans deux semaines. Après sa longue absence il avait besoin de retrouver ses marques, sa ville, un quotidien plus calme. La vie sur le tournage était grisante, si intense et pleines d'émotions. C'était une expérience unique dans une vie et lors des dernières scènes de chacun les larmes coulaient à flot, les embrassades et applaudissement multiples. Avec sa nouvelle notoriété, les propositions de films et séries arrivaient par dizaines. Son agent avait écarté certains projets mais Aidan devait lire les scripts restant et faire son choix. Ça l'amusait de voir que maintenant c'était les productions qui venaient le chercher alors qu'au début de sa carrière il courait après les auditions. Il était fier du chemin qu'il avait réussit à parcourir. L'art du spectacle était sans pitié, il en voyait désormais une autre facette : la sur-exposition médiatique. Durant les promotions ou dans les coulisses de tournage ça ne le déranger pas, le seuil étant sa vie privée surtout quand il était accompagné.

Ces derniers temps il percevait une étrange sensation quand il raccrochait d'avec Hélène, tout comme en fin juin. Elle lui cachait quelque chose d'important, il en était certain, d'autant plus qu'elle le ne lui parlait plus du problème à son travail. Elle avait esquivé la question les jours suivant sa proposition, sans réponse claire de sa part il commençait à penser qu'elle ne tenait pas assez à lui pour partager sa vie. C'était peut être juste un peu trop tôt.

Il avait quitté Wellington avec Luke et Richard, prenant les même vols. Au débarquement du dernier avion chacun reprit son chemin se promettant de se revoir rapidement. Une date avait était fixer avec Luke pour une soirée poker avec d'autres amis, le WE prochain.

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10 juin 2015

Départ (1)

Départ



Arrachée à son âme sœur par la raison, son retour à Paris fut comme elle s'y attendait. Elle retrouva son appartement identique à son souvenir, une pile de courrier supplémentaire sur le comptoir de la cuisine. Son entretien avec sa hiérarchie était pour le lendemain matin, avec le décalage horaire, elle disposa de plusieurs réveils dans la chambre jusqu'à la bibliothèque pour être certaine qu'elle se lèverait à l'heure pour se préparer. Cette convocation n'avait rien d'habituel, son estomac se serrait à chaque fois qu'elle imaginait ce qu'il allait s'y dire.

A 7h le premier réveil se mit à sonner, puis cinq minutes plus tard un autre. C'est enfin quand la radio de la chaîne hi-fi du salon hurla une des chansons qu'elle détestait qu'elle sortit de sous la couette. Elle ne voulait pas affronter ça après son séjour mouvementé avec Aidan. Lui aussi attendait de connaître le dénouement de ce rendez-vous. L'accueil par ses collègues fut habituel comme si les quatre semaines d'absence n'avaient eu lieu. Son chef de service, le directeur des ressources humaines, le directeur du site et un représentant syndical se trouvaient déjà installés dans la salle de réunion. Le début de l'entretien fut consacré à son historique dans l'entreprise et le résumé de ses précédentes évaluation annuelles. Durant les sept années qui s'étaient écoulées, il n'y avait jamais eu de point négatif émis dans les rapports officiels et officieux. La jeune employée écoutait studieusement les quatre hommes parler d'elle , relevant son implication dans la société, son dynamisme, son évolution rapide dans les différents postes qu'elle avait occupés. Hélène reprenait confiance en elle, peut être qu'ils voulaient encore la faire monter en grade, après tout elle était un élément fort de par son expérience et ses qualités humaines. Alors quand son chef de service sortit une pile de papier, elle comprit que ce n'était pas pour lui faire grimper les échelons. Peu de temps après son départ en vacances, des plaintes étaient arrivées à la plate-forme téléphonique et des assurés étaient venus en personne à l'accueil pour rencontrer son supérieur. Après enquête, il s'avère que des erreurs grave sont apparues dans les dossiers concernés, ceux traités fin juin. Les conversations qu'Hélène avait eu avec les assurés furent retranscrites. Chaque dossier lui fut présenté ainsi que les corrections apportée par ces collègues. Tout était écrit noir sur blanc. Elle n'avait plus qu'à reconnaître les faits et accepter la sentence. Soit elle déposait sa démission, soit elle était rétrogradée avec six mois de gel de salaire et mutation. Sa réponse étant à donner avant la fin de semaine et qu'en attendant elle était suspendu de ses fonctions. Ils se quittèrent sur cette dernière information. Elle traversa l'open space où se trouvait son bureau afin de prendre les escaliers que personne n'emprunter. Jusque là elle avait fait des efforts surhumains pour rester naturelle, regarder le comité dans les yeux, garder une voix posée. Dans la cage d'escalier, elle monta jusqu'à l'avant dernier étage où se trouvaient les salles techniques de chaufferies et des ascenseurs. Ses nerfs lâchèrent, elle se mit à hurler de fureur, le bruit des machines couvrant les cris et les coups qu'elle portait aux murs de béton. Faire des erreurs c'était sa hantise. Son travail si sérieux et exigeant demandait le maximum de rigueur, de self control lors des communications téléphoniques notamment. Elle se souvenait à peine des dossiers et des conversations qu'on venait de lui présenter. Pour une fois dans sa vie professionnelle, elle avait laissé entrer ses problèmes personnels et son travail en avait grandement pâti, sans parler des conséquences désastreuses qui auraient pu s'abattre sur les assurés, des gens qui souffraient déjà d'une précarité financière dût aux problèmes de santé qui pour la plupart les empêchaient de retrouver un travail.

Elle reprit son calme quand ses mains furent trop douloureuses à force de se déchaîner sur les murs. Elle aurait voulu rester là dans le noir avec la chaleur étouffantes des monstres de métal. Elle toucha le bijoux à sa poitrine. Il l'avait rendue plus forte, continuant l’œuvre bienfaisante de Joëlle. Elle avait réussi une fois à changer de vie radicalement, elle n'était plus cet enfant apeurée par la vie d'adulte, qui avait vidé sa petite chambre pour emménager avec sa vieille amie. Hélène se demanda ce que Joëlle lui aurait dit si elle avait toujours été de ce monde. Elle entendait encore le timbre de sa voix grave et assurée. Elle lui aurait demandé si elle était heureuse et ce qui la rendait ainsi. Aidan, c'était l'évidence même. Outre sa beauté, c'était sa personne qui la rendait heureuse, son regard sur elle, ses attentions, son soutien permanent. Maintenant qu'elle l'avait dans sa vie moins de choses lui faisaient peur, elle ne se sentait à l’abri que dans ses bras. A cette pensée, elle se reprit. L'amour envers un homme n'était pas une finalité ni son but dans la vie. Son indépendance c'était ça l'important, elle ne voulait pas être comme ces femmes qui ne vivent qu'à travers leur mari, leurs enfants. À tenir la maison toute la journée, voir leur personnalité, leur identité disparaître au fur et à mesure. Ça serait si facile pourtant, suivre le mouvement que les autres avaient choisi pour elle. C'est ce que sa hiérarchie était en train de faire. Partir ou subir, deux possibilités pour une vie à venir. Laquelle méritait d'être vécue?

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01 juin 2015

Perte (8)

A la pause méridienne, Aidan présenta Hélène au réalisateur et à d'autres membres de l'équipe . Il avait les yeux brillants en parlant d'elle mais évitait de la toucher, mettant juste sa main dans sa chevelure rousse. La française était devenue l'attraction du jour, on lui posait beaucoup de questions sur la vie en France, elle répondait avec plaisir avec le vocabulaire qu'elle avait appris durant son séjour. Être immergé dans le pays, habituer son oreille à l'accent et à la langue comme une musique que l'on écoute en boucle. La mélodie et les paroles s'insinuant dans notre esprit.

Elle fut tout de même surprise du débit de parole de Peter et de son accent. C'était un peu comme elle quand elle parlait son patois régional, avec les voyelles très écrasées. Depuis son départ à Paris elle tentait de lisser sa prononciation pour se fondre dans la masse, sa région du Nord n'étant pas réputée ni pour son haut niveau de vie ni pour sa culture.

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10 mai 2015

Perte (7)

L'alarme sur son téléphone sonna à 4h, il avait la tête lourde et le corps endolori comme après avoir fait la fête. Il se prépara en toute hâte et en silence. Les stands de coiffure et costume se trouvaient bien plus loin que lorsqu'il était dans sa caravane. Hélène n'était pas réapparue. Il lui laissa un mot sur la table de chevet. Il n'aimait pas se séparer d'elle surtout après une dispute, leur seconde. Il traversa la cour arrière et arriva au devant de la maison, de là on avait vu sur l'aire aménagée sur la droite et tout le reste était des hangars. Sur les balancelles, il vit au clair de lune une silhouette qui faisait de léger va et vient. Même au loin il la reconnu. Traversant la pelouse, il fit craquer la neige gelé par la nuit glaciale. Ce bruit la fit relever la tête. Il enleva l'amas qui recouvrer la planche de bois voisine. Que pouvait-il dire? S'excuser il l'avait déjà fait, la vérité dite, c'était à elle à décider de leur avenir. Il tendit sa main gantée vers elle. Il n'attendit que quelques secondes avant qu'elle ne la lui prenne. Elle redémarra son léger balancement et il se cala à son rythme.

Peter observait la scène depuis la fenêtre de sa chambre. Il n'avait pas encore rencontré la jeune femme qui lui donnait tant de soucis avec les absences répétées et les changements d'humeur de l'acteur.

Le jeune couple quitta les balancelles et se dirigea vers les studios à pied et toujours silencieux. La journée commença par la transformation en nain. Hélène était impressionnée de voir toutes les multiples étapes et artifices dont les acteurs étaient affublés. Un jeu de patience et de précision pour le personnel de la Weta pour beaucoup d'inconfort pour ceux qui devaient porter tout ça. Elle comprenait mieux la fatigue d'Aidan quand il venait la rejoindre la nuit à l'hôpital. Ensuite direction le gymnase pour l'échauffement et revoir les scènes de la journée. Le début du tournage était à 8h, toute la matinée dans le même bâtiment où les différents plateaux pour les prises du jour étaient regroupés. Une foule de gens s'activaient, les acteurs attendaient qu'on les appelle, durant ce temps ils relisaient leurs textes et discutaient entre eux. L'attraction du jour était Aidan accompagné d'une jeune femme à la crinière imposante. Elle était fascinée par tout ce qui l'entourait, ne perdant pas une miette de ce qui se passait de là où on lui avait dit de rester pour ne pas gêner le passage des équipes. Quand Peter arriva tout était près, les acteurs pouvaient enfin montrer leur talent dirigé par le réalisateur qui arpentait l'espace et donnait des instructions à chacun. Voyant le plus jeune des comédien regarder en direction des coulisses, il lui demanda de se concentrer, que la demoiselle ne se sauverait pas, qu'elle pouvait d'ailleurs venir le rencontrer mais pas avant la fin du tournage de la matinée. Aidan fut surpris par les paroles et le ton mi amusé mi sérieux de son chef.

Les prises se multiplièrent et le travail se faisait dans une ambiance studieuse mais sans stress apparent. On sentait l'aura de Peter, pour qui le cinéma doit rester un jeu. A être trop rigide on ne tire rien de bon des gens et l'esprit d'équipe, d'une fratrie, pousse à donner le meilleur de soi, à se dépasser.

Hélène, à voir tant de monde être animé du désir de bien faire leur métier, se mit à réfléchir à ses propres envies. Son travail ne la faisait plus rêver, pas à ce poste en tout cas et cette convocation, quelle en était la raison et quelles seraient les conséquences, elle le saurait dans quelques jours.

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01 mai 2015

Perte (7)

A l'hôpital il n'y avait pas possibilité de prendre de douche, notamment à cause des perfusions. Elle appliqua le patch transparent pour protéger les cicatrices de tout contact extérieur. Le bungalow disposait d'une salle de bain avec une très grande douche, le rêve,. Elle qui se battait dans son bac de 90x90 à Paris, aller pouvoir bouger sous l'eau sans avoir la désagréable sensation du rideau humide se collant à elle. Munie de ses affaires de toilette, elle mit à couler l'eau pendant qu'elle se déshabillait. Son téléphone au niveau sonore maximum, émettait ses chansons préférés, qui la fit chanter à tue tête. Dans sa bulle, elle ne pensait plus à rien que le plaisir de sentir l'eau chaude qui coulait sur elle pour faire tomber la mousse du gel douche. Après sa semaine d'hospitalisation, elle se sentait enfin propre. Elle était encore sous l'eau quand sa chanson du moment passa. « No you girl » du groupe Franz Ferdinand, qu'elle avait découvert dés leur premier album et dont elle suivait la carrière. Aidan qui venait de rentrer, l'entendit chanter, massacrer, les paroles de la chanson qu'il connaissait par coeur. La salle de bain était remplie de vapeur, il distinguait à peine la silhouette d'Hélène à travers le rideau opaque de la douche. Elle était en train de danser comme une folle, prenant le pommeau comme micro. Aidan ouvrit un morceau du rideau et y passa la tête. Sous la surprise Hélène lui retourna un jet d'eau tout émettant un cri. Il avait le visage, les cheveux et une partie de son tee shirt de trempé. Alors tant qu'à être mouillé, autant la rejoindre, ce qu'il fit sans retiré ses vêtements.
Ne pouvant lui échapper elle se mit dans un coin de la cabine lui tournant le dos, elle ne voulait pas qu'il la voit nu. Elle lui demanda de sortir mais il n'en fit rien. Aidan ramassa la paume de douche qui se trouvait à terre et finit de lui rincer ses long cheveux qui sous l'effet de la pression était lisse et compacts. A son tour il enleva ses vêtements qu'il lassa choir dans le coin opposé . Elle jeta un œil à ce qu'il faisait et lui dit de se retourner. Elle se mit à passer l'éponge de bain savonneuse sur sa peau halée. Pendant qu'elle faisait de la mousse sur l'ensemble de son corps athlétique, il reprit les paroles de la chanson qui emplissait l'air. Elle le rinça puis ce plaça devant lui. La chanson se termina. Ils se regardèrent enfin et elle dit la première phrase du refrain « Kiss me ». Il s'exécuta.

Il avait pensé à elle toute la journée, n'attendant que le moment de leurs retrouvailles. Ils s'embrassèrent longuement en ce caressant le visage et le cou. Quand la chaleur de la salle de bain laissa place au frisson, ils s'enveloppèrent de serviettes et regagnèrent le lit où la découverte de leur corps continua. Aidan déposait ses lèvres du visage d'Hélène en descendant vers son cou, sa poitrine, son ventre. Le contact avec la plastique du pansement le stoppa. Il repensa aux circonstances qui eurent pour conséquence la mutilation de ce corps. Hélène ne lui avait pas vraiment raconté ce qu'il lui était arrivé durant la semaine où il l'avait laissée seule en ville.

Il s'assit sur le bord du lit alors que la jeune femme lui disait de continuer. Il se sentait tellement coupable d'avoir succombé à ses anciens travers alors que la femme qu'il aimait l'attendait. Il s'était persuadé d'être le déclencheur de l'incident qui avait touché Hélène. Il savait qu'en lui disant la vérité il la ferait souffrir mais c'était mieux de l'apprendre par lui que par autrui. Hélène le rejoignit en traversant le lit à genoux, s'installant dans son dos, elle remarqua des ecchymoses sur son flanc droit et son épaule gauche. Son rôle était physique et les blessures courantes. Elle entoura son cou de ses bras et enfoui sa tête dans la nuque d'Aidan. Il lui annonça sans détour qu'il l'avait trompée. Elle crut ne pas bien comprendre. Attendant la suite sans bouger, il ajouta que c'était avant qu'il ne se rendant compte de l'importance de ses sentiments envers elle, que cette femme ne comptait pas pour lui, qu'il regrettait d'avoir succombé à la facilité. Son niveau de la langue n'était pas encore bon mais elle comprit sa faute. Elle décroisa les bras, s'éloigna de sa peau si douce, prit ses vêtements et alla s'enfermer dans le bureau, reprenant au passage le téléphone qui jouait toujours de la musique.

Au fond d'elle elle le savait, comme un mauvais pré-sentiment, c'était pour cela qu'elle était partie de l'hôtel, tout comme lui l'avait fait venir ici. Un étrange lien les unissait. Avait-il deviné pour l'avortement, comme elle son incartade?

Suite à sa période d'inconscience, elle se souvenait l'avoir entendu parler et s'en était rappelé les jours suivant. Pourquoi s'excuser-t-il autant? Ce n'était pas sa faute si elle avait fait une hémorragie en même temps qu'une péritonite. Ce n'était la faute de personne. Il n'y avait donc que deux possibilités, il s'excusait de l'avoir laissée seule ou il était retombé dans ces mauvais travers : les femmes.

Aidan s'écroula dans le lit, le manque de réaction de la part d'Hélène laissait présager le pire. Il redoutait l'explosion qui pouvait en résulter mais malgré toutes les pensées qui tournaient dans sa tête il s'endormit.

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20 avril 2015

Perte (6)

La découverte des lieux fut rapide, un lit, une armoire, une table de chevet, une salle d'eau. C'était le bureau, le plus intéressant. La table en bois brut était patinée par le temps et à certains endroits le bois était tassé, usé mais soyeux au touché. Des étagères gondolaient sous le poids des livres techniques, de géographie et autres romans. Des tas de fournitures de bureau se trouvaient à porter de main dans des niches sous le bureau. Un vrai espace de travail mais mieux ranger que son propre coin atelier à Paris. Tout d'un coup, cela lui manqua.Le papier, l'encre, les perforatrices et autres outils. L'odeur de la colle, les pinceaux à nettoyer. Ses doigts lui démangeaient. C'était une créatrice dans l'âme. Aidan laissa les dames faire le reste de la visite de la propriété, retournant dans un des hangars pour rattraper son retard dans son travail.

Fran parlait un peu français car elle avait passé un an en étude à Lyon dans sa jeunesse.
Elle fit faire le tour de toute les pièces de la maison et du garage qui ne contenait pas de voiture mais des accessoires de décor, des maquettes et du matériel divers. Fran dût également partir rejoindre le tournage, laissant Hélène s'installer et se reposer. Ils rentreraient surement vers 21h-22h.

Après s'être installée dans le bungalow, elle revint à la maison pour se préparer à manger. Elle fut surprise de voir les placards presque vides, trouvant surtout des biscuits secs, des soupes et des plats de pâtes déshydratés. En même temps avec le réfectoire sur place pas besoin de s'embêter à faire la cuisine. Cela lui donna une idée. Elle se prépara de la soupe avec des crackers. Puis elle alla regarder en détail la bibliothèque du salon, qui contenait aussi des romans mais rien pour le travail. De beaux livres de photos en noir et blanc, des éditions illustrées de contes, de fantasy, des romans d'amour ou policier et quelques pièces de théâtre constituaient l'ensemble des œuvres présentes. Des cadres photos contenaient des portraits de famille. Ils avaient l'air heureux. Un vent de nostalgie l'envahit. Elle se revit chez ses parents, avec son frère. Il n'y avait pas de telles photos, en tout cas pas avec des visages qui respiraient le bonheur.

S'installant au salon avec son repas, elle feuilleta les livres illustrés. Dans sa concentration, elle ne vit pas l'heure tourner et quand elle s'en aperçut il était déjà 21h40. Personne n'était encore rentré. Elle décida d'en rester là pour ce soir dans sa lecture et rentra au bungalow. Elle fit les soins des cicatrices. Elle en avait déjà eu mais c'était il y a bien longtemps et une infirmière s'en chargeait. Là elle devait se débrouiller seule avec les fournitures qu'on lui avait prescrites. En cas de soucis elle irait voir le poste médical du studio.

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